A ATC, une production réorientée vers la solution hydroalcoolique

Leader français des spécialités chimiques pour l’industrie du cuir, ATC a su réorienter sa production face à l’épidémie de coronavirus. L’entreprise s’est mise à produire de la solution hydroalcoolique. Produit ô combien important en cette période de crise sanitaire.

 

Un impact indéniable sur une activité à l’échelle mondiale

 

Morgan Piguet est le Responsable de production de ATC, entreprise familiale située à Montanay non loin de Lyon : « Nous avons eu un fort impact. En mars, une faible baisse mais les mois d’avril et de mai ont été compliqués. »

 

L’impact pour ATC est rapidement mesurable d’autant plus que la majorité de ses clients se trouvent hors des frontières françaises. « Nous travaillons à 95% à l’export et dans 45 pays différents. » Dans les chiffres, cela se traduit par une baisse d’activité supérieure à 50% en comparaison à l’année 2019.

 


 

Réorienter la production : une solution utile et solidaire

 

« Avec la moitié des commandes en moins », il a vite été nécessaire d’envisager des solutions dans un objectif de continuité de l’activité.

 

ATC a été fondé en 1973. L’entreprise est un industriel de longue date dans la tannerie et dispose d’un savoir-faire reconnu quant à la maîtrise et à l’utilisation des produits chimiques. « Dès fin mars, nous avons voulu proposer notre capacité de production pour de la solution hydroalcoolique. » Une proposition logique mais aussi solidaire pour ceux dont l’activité est considérée comme essentielle.

 

« Au début, nous avons proposé de la solution aux hôpitaux, aux maisons de retraites, aux pharmacies de notre secteur … sous forme de dons. » Au total, 2 000 litres (L) ont été distribués auprès de ces établissements. Cette campagne a immédiatement eu un effet de boost d’autant plus fort que nous avons su mobiliser tous nos réseaux en un temps record. « Cela s’est su. Nous avons eu des demandes et nous sommes rendus comptes qu’il y avait un besoin. » nous explique Morgan.

 

ATC a rapidement décidé de se lancer dans la production de gel en grande quantité. « Tous nos opérateurs se sont mis à produire de la solution. Aujourd’hui, on en vend jusqu’à 50 000 L par semaine. »

 


 

Se réorganiser et s’adapter en sécurité

 

Pour parvenir à produire de la solution hydroalcoolique, l’entreprise a dû adapter sa chaîne de fabrication.

 

La société disposait déjà de l’installation pour produits inflammables et du réseau de fournisseurs adéquat pour les matières premières. Son plus gros défi a concerné le conditionnement du gel. « En principe, nous sommes organisés pour faire du gros contenant. Le plus petit, du 30 L et principalement des fûts de 120 L et jusqu’à 1000 L. Notre Responsable maintenance a rapidement effectué des modifications pour enfûter des bidons de 5 L et 10 L. Tout a été intégré dans Sage X3, nous avons créé de nouvelles références et intégré les gammes, les nomenclatures etc. » La migration du client Sage X3 de la v8 vers la v12 venait juste d’être parachevée.

 

Vis-à-vis des salariés, il a aussi fallu ajuster l’organisation dans un contexte particulier. « Sur l’organisation du travail, nous avons fait en sorte qu’il n’y ait pas de proximité entre les personnes. Nous avons un bureau par personne et chacun est responsable de la propreté de celui-ci. » Des mesures d’hygiène simples mais efficace ont également été instaurées : « des rotations au réfectoire, un nombre maximum de personnes par pièce à ne pas dépasser, lavage des mains, gel à disposition ou nettoyage des surfaces et objets contacts. »

 


 

Des premières indications sur la reprise

 

Après quelques semaines de déconfinement, l’activité repart prudemment. « Sur l’activité, nous avons senti une légère reprise après la mi-mai. Nous avons un peu plus de commandes mais cela reste encore faible. »

Une reprise qui selon Morgan Piguet sera « progressive » du fait d’un déconfinement pays par pays. « Nous avons commencé à avoir quelques commandes d’Asie ». Des premiers indices qui peuvent inciter à l’optimisme.